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Dirigeants · 9 min de lecture

Créer un CRM avec Claude : ce que vous pouvez faire seul

Créer un CRM avec Claude sans être développeur : quand un tableur suffit, quand construire une petite application, et les limites à ne pas franchir.

Vous payez un CRM depuis un an. Le lundi matin, vous l’ouvrez pour savoir qui relancer, vous ne retrouvez pas le champ « date de rappel », et vous finissez par noter vos relances dans votre agenda. L’outil a été pensé pour une équipe commerciale de vingt personnes. Vous êtes seul, ou à trois.

Créer un CRM avec Claude devient alors tentant : vous décrivez en français ce dont vous avez besoin, et Claude construit l’outil. Vous pouvez le faire sans savoir coder. Je construis des applications internes avec Claude pour des clients, et je vois aussi les endroits où elles cassent. Voici ce que vous pouvez faire seul, et à quel moment il vaut mieux payer HubSpot ou Pipedrive.

Pourquoi votre CRM finit dans un onglet fermé

Selon le baromètre France Num 2026, 51 % des TPE-PME pilotent leur activité avec un logiciel de gestion ou un CRM. Le tableur n’a pas disparu pour autant : 44 % des entreprises s’en servent encore pour suivre leur activité.

Les CRM du commerce sont construits pour des équipes de vente. Pipedrive se paie par utilisateur et par mois, sans version gratuite. HubSpot propose un CRM gratuit, puis fait payer les fonctions avancées. Sellsy et noCRM.io, deux éditeurs français, visent les petites équipes.

Quand vous ouvrez l’un d’eux, vous trouvez des dizaines de champs et des étapes de vente qui ne ressemblent pas aux vôtres. Un courtier ne vend pas comme un éditeur de logiciel. Il attend le devis d’une compagnie et relance son client pour une pièce manquante, puis revient vers lui un an plus tard, à l’échéance du contrat. S’il doit tordre l’outil pour y faire entrer ces étapes, il retourne à son agenda au bout de deux semaines.

Ce dont un petit CRM a besoin

Avant de construire quoi que ce soit, écrivez sur une feuille ce que vous voulez retrouver le lundi matin. Pour un dirigeant seul ou une petite équipe, la liste tient en général en cinq lignes :

  1. Une fiche par contact : nom, entreprise, téléphone, email, et d’où il vient (recommandation, LinkedIn, salon).
  2. Une étape : premier contact, rendez-vous fait, proposition envoyée, signé, perdu. Gardez vos propres étapes, avec vos mots.
  3. Une date de prochaine action. C’est la colonne qui fait marcher le CRM : un contact sans date finit oublié.
  4. Un historique court : une date et une ligne par échange.
  5. Une vue « à faire cette semaine », triée par date.

Les rapports et les prévisions de chiffre d’affaires servent quand vous avez une équipe à piloter. Seul, vous pouvez attendre.

Niveau 1 : un tableur, et Claude pour le lire

Ces cinq lignes tiennent dans un tableau Google Sheets ou Excel, avec une ligne par contact et une colonne par information. Notion et Airtable font la même chose avec une présentation plus agréable, et une vue en colonnes par étape. Tant que vous suivez quelques centaines de contacts et que vous êtes seul à saisir, ce niveau peut suffire.

Claude prend ensuite le travail que le tableur ne fait pas. Exportez votre tableau ou copiez-le dans la conversation, puis demandez par exemple :

« Voici mes contacts. Donne-moi ceux dont la date de prochaine action est dépassée, classés du plus ancien au plus récent, avec pour chacun une proposition de message de relance de trois lignes, au vouvoiement. »

La colonne « prochaine action », c’est vous qui la remplissez après chaque échange. Claude relit les cent lignes à votre place et vous dit par qui commencer.

Les données que vous collez dans la conversation sont celles de vos clients. Vérifiez dans les paramètres de votre compte Claude si vos conversations peuvent servir à améliorer les modèles, et désactivez l’option si vous ne le voulez pas. Si vous n’avez jamais utilisé Claude, commencez par débuter avec Claude sans être technique.

Niveau 2 : créer un CRM avec Claude, en vraie application

Le tableur atteint ses limites à un moment précis : quand vous voulez une fiche contact lisible sur votre téléphone entre deux rendez-vous, ou quand un collaborateur doit saisir sans casser vos formules. Créer son propre CRM sous forme de petite application devient alors intéressant.

Deux outils conviennent à quelqu’un qui ne code pas :

  • Lovable construit l’application dans votre navigateur à partir de votre description, et la branche sur une base de données (Supabase) qui stocke vos contacts.
  • Claude Code, l’outil d’Anthropic, écrit et modifie le code de l’application sur votre ordinateur, à partir de vos consignes en français. Il demande un peu plus d’installation, et vous laisse la main sur chaque fichier.

Avec l’un ou l’autre, le résultat dépend de votre description. Donnez à Claude, dès le premier message :

  • vos cinq lignes de besoin, avec vos étapes exactes ;
  • qui va utiliser l’outil, et sur quel appareil ;
  • ce que l’outil ne doit pas faire, par exemple envoyer des mails ou éditer des factures ;
  • une fiche contact réelle, anonymisée, comme modèle.

Comptez plusieurs soirées de va-et-vient pour une première version qui tient la route. Claude livre vite un écran qui a l’air fini. Le temps passe ensuite sur les détails qui comptent au quotidien : le tri des relances, un contact enregistré deux fois, la recherche qui ne trouve pas « Lefèvre » quand vous tapez « Lefevre ».

Les limites à ne pas franchir seul

Un CRM contient des noms, des numéros de téléphone et des adresses email. Ce sont des données personnelles, et vous en êtes responsable. Avant de mettre votre application en ligne, regardez ces quatre points.

La sécurité

En juillet 2025, l’éditeur Veracode a fait écrire du code par plus de 100 modèles d’IA, sur 80 tâches de programmation. Dans 45 % des cas, le code contenait une faille de sécurité. Un écran de connexion mal protégé suffit pour que vos contacts deviennent lisibles par un inconnu. Tant que l’application tourne sur votre ordinateur, le risque reste limité. Dès qu’elle est en ligne, faites relire la connexion et la base de données par quelqu’un dont c’est le métier.

Le RGPD

La CNIL donne un repère pour les prospects : vous pouvez garder leurs données trois ans à compter de la collecte ou du dernier contact venu d’eux, un clic ou une réponse par exemple. Un mail que vous envoyez sans réponse ne remet pas le compteur à zéro. Prévoyez dès le départ une colonne « dernier contact du prospect », et un bouton pour supprimer une fiche.

Plusieurs utilisateurs

Seul, vous voyez tout. À trois, il faut décider qui voit quels contacts et qui a le droit de supprimer une fiche. Les CRM du commerce gèrent ces droits depuis des années. Dans une application maison, chaque règle doit être écrite, puis testée.

La facturation

Gardez les devis et les factures hors de votre CRM maison. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir leurs factures électroniques par une plateforme agréée, et les PME et micro-entreprises devront les émettre de la même façon au 1er septembre 2027. J’en parle dans l’article sur l’IA dans les TPE-PME et la facture électronique. Votre CRM peut noter « facture envoyée le 12/11 ». La facture elle-même part de votre outil de facturation.

Si plusieurs de ces points vous concernent dès le départ, je vous conseille un CRM du commerce : HubSpot en version gratuite pour commencer, ou Pipedrive pour une équipe qui vend tous les jours. Reconstruire leurs droits d’accès et leur sécurité vous coûterait plus d’heures que l’abonnement.

Brancher votre prospection sur le CRM

Un CRM reste vide si vous devez y recopier chaque contact à la main. La question arrive dès que vous lancez une prospection automatisée sur LinkedIn ou par email : où vont les gens qui répondent ?

Prenons un conseiller en gestion de patrimoine qui lance une campagne LinkedIn vers les médecins de son département. La première semaine, douze personnes répondent. S’il recopie chaque réponse dans son tableau, il tiendra quelques jours avant de laisser tomber.

Les outils d’envoi comme Emelia ou lemlist savent prévenir un autre outil quand quelqu’un répond. Un petit système automatique, monté sur Make ou n8n, ajoute alors la ligne dans votre CRM : le nom, la campagne d’origine, la date, le texte de la réponse, et une prochaine action à deux jours. Le matin, vous ouvrez le CRM et la liste du jour est prête. Ce système suit des règles fixes. Pour la différence avec un agent qui décide seul, voyez qu’est-ce qu’un agent IA.

Par quoi commencer cette semaine

Ouvrez un tableur, créez les cinq colonnes, et remplissez-le avec les vingt contacts que vous avez en tête en ce moment. Servez-vous-en deux semaines, avec Claude pour la liste des relances du lundi. Si vous butez sur une limite précise, comme la consultation sur téléphone ou un collaborateur qui doit saisir, vous saurez quoi demander à Claude pour la version application.

Pour les autres outils de votre semaine, j’ai classé ceux que j’utilise par besoin dans outils IA pour votre entreprise.

Si vous voulez savoir ce qui vaut la peine d’être construit dans votre façon de suivre vos clients, je propose un appel gratuit de trente minutes : réservez un créneau ici.

Questions fréquentes

Peut-on créer un CRM avec Claude sans savoir coder ?

Oui. Vous décrivez en français les fiches et les étapes dont vous avez besoin, et Claude écrit le code avec Claude Code. Lovable fait la même chose dans le navigateur. Pour un outil que vous utilisez seul sur votre ordinateur, c’est à votre portée. Dès que l’application est en ligne avec des données clients, faites vérifier sa sécurité par un professionnel.

Un CRM sur Google Sheets suffit-il ?

Pour un dirigeant seul qui suit quelques centaines de contacts, il peut suffire, à condition de tenir à jour une date de prochaine action pour chaque contact. Il devient pénible quand plusieurs personnes saisissent en même temps, ou quand vous voulez consulter vos fiches sur votre téléphone.

Combien de temps peut-on garder les données d’un prospect ?

La CNIL retient trois ans à compter de la collecte ou du dernier contact venu du prospect, comme un clic ou une réponse. Au bout de ce délai, vous pouvez lui demander s’il souhaite rester en contact. Sans réponse positive, supprimez ou archivez sa fiche.

Sources : le baromètre France Num 2026, le communiqué de Veracode sur la sécurité du code généré par IA et les questions-réponses de la CNIL sur la gestion des activités commerciales.